Opus Fabrica: Le mot de la présidente

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« Que fais-tu dans la vie ? » À cette question, nous sommes nombreux à répondre par notre profession, comme si notre activité professionnelle englobait notre vie toute entière, comme si nous n’étions rien en dehors de l’homme qui travaille, qui produit et qui consomme. Ce dictat social ne résout pourtant rien de notre quête identitaire. Le travail apparait plutôt comme une toile de projection de nos aspirations spirituelles : quête de sens de nos existences, de reconnaissance et de liens. Et parce qu’il y est question de construction d’une identité toujours inachevée, le travail est espace d’ambivalence, entre désirs et peurs, soif de liberté et prison des contingences matérielles, rêves et frustrations qu’impose le réel.

Ainsi le travail est-il à la fois Tripalium – instrument de tortures et d’esclavagisme – et Opus – ouvrage issu de la création -, source d’aliénation et de liberté, miroir de soi reflétant tantôt la déception, tantôt la fierté de l’œuvre accomplie. Donner un sens à sa vie en se sentant utile, réellement utile : telle serait donc la mission sacrée du travail. Produire quelque chose qui ait une réelle valeur, pour soi, pour l’humanité, pour la planète Terre. Au fond, il s’agit bien plus de travailler que d’avoir un travail.  

Le travail est action créatrice.  

Travailler est une expérience physique qui nécessite un engagement du corps, de l’esprit et de l’affect. Il s’agit d’apprivoiser la technique, de penser son corps dans l’espace, d’écouter les cliquetis de la machine, d’observer les réactions produites, d’ajuster sans cesse le geste, de prendre la bonne décision. Le travail est action, action sur le monde et vecteur de transformation de soi, et pour cela il exige toujours un engagement de l’être. 

Et c’est bien là que réside la réalité du travail : non pas dans les définitions de postes ou de métiers, ni dans les référentiels de méthodes et techniques, encore moins dans les organigrammes des entreprises. L’essence du travail c’est ce corps à corps avec l’ouvrage, la perception des imprévus, la bataille avec ce qui résiste, pour inventer de nouvelles façons de faire. Inventer sans cesse, expérimenter, échouer, recommencer, jusqu’au plaisir de l’ouvrage réussi. 

Nathalie BARDOUIL 

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